Les parlementaires socialistes ne se sont pas bousculés pour assister, lundi 23 juin à Paris, à leur première "assemblée générale" appelée à se substituer, en fin de session, aux traditionnelles
"journées parlementaires" de la rentrée. Heureusement, les militants du PS avaient été conviés à garnir les sièges du Grand Rex, où se tenait cette première. Conservez cet article dans votre
classeur. Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts SUR LE MÊME SUJET Compte rendu Jean-Marc Ayrault : "Nous sommes utiles, mais cela ne se sait pas" Eclairage Au PS, les grands
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une proximité de circonstance "Nous sommes utiles, mais ça ne se sait pas." Dans une sorte d'aveu désespéré, le président du groupe PS de l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a donné le ton de
l'assemblée. Il s'agissait de montrer, avec force témoignages, résumés filmés et interpellations de "représentants de la société civile", ce qu'est "une opposition qui vous sert". "Nous avons
obtenu de vrais résultats", a plaidé M. Ayrault, mettant en avant le rôle des parlementaires socialistes pour "débusquer les mensonges de la droite". Organismes génétiquement modifiés (OGM), temps
de travail, immigration, politique étrangère, institutions, chaque thème cité était présumé illustrer les batailles menées dans les enceintes parlementaires et les reculs infligés au gouvernement
et à sa majorité. "UNE CONDITION : ÊTRE UNIS" Dans cette "belle histoire", "les socialistes sont unis et la majorité est fragile". Une absence à ce bilan : la ratification du traité de Lisbonne, au
début de l'année, qui a vu les parlementaires socialistes longuement hésiter entre le "boycott", l'abstention, le oui ou le non, pour finalement se diviser au moment du vote. "Notre opposition a
été utile. Nous avons obligé le pouvoir à composer ou à reculer", a affirmé M.Ayrault. "C'est terrible à dire, je ne m'en satisfais pas, mais nous sommes dans une impasse", a déploré Nicole Bricq,
sénatrice de Seine-et-Marne. "Depuis un an, nous avons fait la démonstration d'une opposition déterminée, a insisté M.Ayrault. A quoi aurions-nous pu dire oui ? Nous avions le devoir de dire non."
"Ce que les gens attendent de la gauche, a renchéri George Pau-Langevin, députée de Paris, c'est qu'elle se batte pour des valeurs." "Défendre des valeurs, oui, mais en lien avec les réalités, a
immédiatement tempéré Manuel Valls, député de l'Essonne. Nous devons tenir un discours fort, mais qui ne soit pas que de passion ou de compassion. Un discours de gauche doit s'appuyer sur des
propositions réalistes." "La raison n'est pas incompatible avec la générosité", lui a rétorqué Bariza Khiari, sénatrice de Paris. "A chaque fois que nous l'avons pu, nous avons cherché les voies
d'un compromis. Jamais le pouvoir n'a saisi la main tendue", a encore défendu M.Ayrault, qui a estimé que, sur la révision constitutionnelle des institutions, "les chances de parvenir à une réforme
partagée s'éloignent chaque jour davantage". Les sénateurs socialistes ont toutefois tenu récemment à rencontrer leurs homologues de l'Assemblée afin de "coordonner" leur position. Ils craignent
que, parmi les députés, certains ne soient tentés de donner un coup de pouce, par leur abstention, au projet de réforme de Nicolas Sarkozy "Nous sommes dans l'opposition et nous pouvons être
utiles", a conclu le premier secrétaire du PS, François Hollande. "A une condition : être unis", a-t-il ajouté. Il était utile de le préciser.
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